Repérage

Définition du repérage

Le repérage est une action permettant de repérer tout enfant qui prend un retard anormal dans ses apprentissages, autrement dit qui est en décalage avec la norme attendue.

ATTENTION : repérer n’est pas diagnostiquer. Donc, quand on évalue pour repérer des difficultés, on ne cherche ni à diagnostiquer, ni à mettre un terme précis, ni à expliquer la difficulté.

Ce repérage se fait souvent à l’école. Les enseignants spécialisés du RASED sont formés à ce repérage et possèdent des outils spécifiques pour le faire.

Le 1er outil de repérage qui peut être utilisé par les enseignants des classes est l’évaluation nationale de début d’année. En effet, bien que perfectible, cet outil met en évidence 2 seuils de repérage : le seuil 1 qui représente les élèves à besoins (c’est-à-dire les + faibles) et le seuil 2 qui comporte les élèves fragiles. Concernant la catégorie des élèves dits « à besoins », il conviendra de se rapprocher du RASED pour une analyse + spécialisée des difficultés constatées.

Principes et 1ères actions avec les élèves repérés

Quand repérer ?

Le repérage doit se situer le + tôt possible pour repérer les élèves décrocheurs par rapport à la norme d’apprentissage attendue, c’est-à-dire ceux qui présentent un retard.

1ères actions après à l’école

Une fois que ces élèves en retard ont été repérés, il faut AGIR A L’ECOLE en mettant en place des actions spécifiques pour eux.

Ces actions vont avoir certaines caractéristiques :

  • elles doivent être ciblées sur la difficulté repérée ;
  • elles doivent être le + efficace possible (être des actions réfléchies et non se contenter de refaire la même chose alors que cela n’a pas fonctionné la 1ère fois) ;
  • elles doivent se faire en petit groupe, en atelier dirigé avec un enseignant et avec un travail de différenciation ;
  • elles doivent être intensives : action massée 2 à 4 x/semaine sur une période déterminée.

Evaluer l’efficacité des actions pédagogiques

Après cette action massée, il convient de ré-évaluer les élèves à la fin de la période déterminée.

On va ainsi pouvoir constater des différences entre les élèves : ceux qui ont beaucoup progressé et rattrapé la courbe d’apprentissage grâce à ces actions et qui n’ont donc pas besoin d’autre chose (ce sont les élèves qui avaient un simple retard et qui l’ont rattrapé ou vont le rattraper) et ceux qui, malgré ces actions, ne progressent pas autant qu’attendu. Pour ces derniers, on va devoir orienter les décisions différemment (voir parties « diagnostic » et « prise en charge »).

Un exemple de repérage réussi : l’expérience pilote « Paris-Santé-Réussite »

Cette expérience pilote a été menée en 2013 et a comporté 3 étapes :

  1. Un repérage des difficultés en lecture en milieu de CP via un test standardisé
  2. La mise en place d’actions de soutien par les enseignants à la suite de ce repérage
  3. L’évaluation de ces actions en début de CE1 via une ré-évaluation des ces mêmes élèves.

Résultats observés : cette expérience a permis une diminution du taux d’élèves faibles en lecture en début de CE1 (de 28% à 17,5% soit une diminution de 10% des élèves dans la catégorie en difficulté de lecture en début de CE1).

On a donc constaté des résultats très significatifs avec un gain de niveau de lecture au début du CE1 grâce à simplement un repérage et des actions ciblées et bien choisies.


A savoir : pour environ 80% des élèves, l’enseignement fondé sur les pratiques efficaces en groupe-classe (= »enseignement pour tous ») est suffisant. Pour les 20% restants (ceux que l’on repère en difficulté), il y a les élèves en retard pour lesquels cet enseignement pour tous en groupe-classe n’est pas suffisant mais pour lesquels il suffit de proposer des interventions supplémentaires ciblées, intensives, en petit groupe qui vont être suffisantes dans 75% des cas pour rattraper ce retard. Pour les 25% restants, ceux qui ne répondent pas suffisamment à ces interventions supplémentaires, il faudra aller vers le parcours de soin pour un diagnostic et des interventions de remédiation en + de celles faites à l’école.

Palier 1 : enseignement explicite (pratique guidée, pratique autonome, consolidation), enseignement réciproque, tutorat par les pairs en classe ordinaire.

Palier 2 : enseignement explicite, prévoyant des temps d’apprentissage guidé supplémentaire et/ou l’aide d’un enseignant spécialisé (petit groupe d’élèves 4 ou 8 et co-intervention) en classe ordinaire.

Palier 3 : difficultés persistantes, enseignement explicite intensif, individualisé ou en très petit groupe 2-3 élèves par un enseignant spécialisé à l’extérieur de la classe.