Le lien oral/écrit : les orthographes approchées

Aussi appelée « écriture inventée » ou « écriture spontanée« , c’est une activité très efficace pour la découverte du principe alphabétique (le lien entre orale et écrit) et de ce fait très efficace aussi pour préparer les élèves au futur apprentissage de la lecture. Elle se réalise en grande section de maternelle.

Les orthographes approchées sont des tentatives de productions écrites de l’enfant prélecteur pour représenter un mot, une phrase ou un texte. Obtenues sans modèle, elles reflètent la conception que l’enfant a de l’écrit et ses connaissances sur les liens entre l’oral et l’écrit.

La découverte progressive de la représentation de l’écrit

Dès 2/3 ans, les enfants produisent des traces différentes du dessin pour représenter un mot écrit ; ce sont des traces petites et denses et + linéaires.

Progressivement, l’enfant comprend que les mots s’écrivent avec des lettres ; il utilise alors les lettres qu’il connaît comme celles de son prénom mais ne fait pas encore de lien entre les lettres utilisées et la prononciation du mot.

Plus tard, il essaie de représenter à l’écrit au moins une partie de la forme sonore du mot ; il peut alors utiliser le nom d’une lettre qui correspond à ce qu’il entend ou utiliser le son des lettres.

De ce fait, la qualité des orthographes approchées évolue dans le temps pour tendre vers des productions de + en + proches de la forme attendue du mot. Cette évolution traduit une prise de conscience progressive des liens entre oral et écrit et cette prise de conscience facilite l’apprentissage ultérieur de la lecture et de l’orthographe.

Il est prouvé que les élèves de grande section qui produisent des orthographes + proches de l’orthographe attendue progressent + vite dans l’apprentissage de la lecture au cours du CP et apprennent aussi + vite l’orthographe conventionnelle des mots en CE1.

Mais il faut avoir en tête que tous les enfants prélecteurs n’ont pas la même expérience de l’écrit : certains sont encouragés très jeunes à produire des traces écrites dans leur milieu familial alors que d’autres ne le sont jamais. IL EST DONC IMPORTANT DE PROPOSER EN CLASSE DE GS DES ACTIVITES D’ECRITURE SPONTANEE car cela permet à TOUS les élèves de se familiariser avec l’écrit et d’en acquérir les principes de base. Il faut donc proposer en maternelle des pratiques régulières d’orthographe approchée car cela facilite l’apprentissage ultérieur de la lecture et l’acquisition de l’orthographe chez TOUS les enfants, y compris ceux à risque de rencontrer des difficultés d’apprentissage.

Comment guider efficacement les élèves dans la pratique des orthographes approchées ?

-Tout d’abord, il est très important d’encourager l’élève à écrire le mot comme il le pense, on le rassure en présentant l’activité comme un jeu pour l’amener à analyser la structure sonore du mot et à réfléchir à la relation oral/écrit.

Pour les élèves avec des difficultés de motricité fine, on utilisera des lettres mobiles ou on écrira sous leur dictée.

Ce qui est important ce n’est pas forcément le résultat obtenu mais c’est de demander à l’élève d’expliquer comment il a fait pour parvenir à l’écriture qu’il produit : c’est la verbalisation des stratégies utilisées. Cette pratique est efficace en petit groupe car elle permet aux élèves de comparer leurs stratégies et éventuellement d’en apprendre de nouvelles. On encourage les interactions entre les élèves et l’enseignant va renforcer les stratégies les + adaptées.

A la fin, on montre la bonne orthographe du mot mais ATTENTION : le but n’est pas de sanctionner ou de classer les productions des élèves ; le but est de souligner les points communs de la bonne orthographe avec ce qu’ils ont écrit et de renforcer les stratégies efficaces.

Cette pratique contribue au développement de la conscience phonologique chez l’élève (si utile pour l’apprentissage de la lecture !) en segmentant la forme orale en unités + petites et en recherchant des liens entre ce qu’il entend dans le mot et ce qu’il connaît des lettres, ce qui l’amène à découvrir le principe alphabétique (autre dimension indispensable à l’apprentissage de la lecture !)

Pour des exemples de mise en oeuvre de cette activité, on peut consulter guides institutionnels et ouvrages dédiés :