ODEDYS

(OUtil de DEpistage des DYSlexies)

Présentation générale

J’utilise la version 2 avec les nouvelles épreuves relatives au langage oral et la dictée de phrases pour les CM2.

L’ODEDYS est un outil issu de la BALE (Batterie Analytique du Langage Écrit) et a été conçu comme un examen rapide permettant le dépistage des enfants dyslexiques.

C’est un outil de dépistage qui n’utilise qu’un nombre restreint d’épreuves de la BALE

  • Une épreuve donnant la fluence de lecture ;
  • Une épreuve de lecture de mots (irréguliers, réguliers et pseudo-mots) ;
  • Une ou 2 épreuves d’orthographe selon l’âge (dictée de mots et de phrases) ;
  • 2 épreuves de langage oral (répétition de mots et dénomination rapide d’images) ;
  • 2 épreuves métaphonologiques (suppression et fusion de phonèmes) ;
  • 2 épreuves de traitement visuel (comparaison de suites de lettres et test des cloches) ;
  • Une épreuve de mémoire (mémoire verbale à court terme et mémoire de travail).

Sa passation est ainsi beaucoup plus rapide ( 30 min contre 3h en moyenne) mais il est de ce fait incomplet et ne permet pas d’établir avec certitude le type et l’intensité de dyslexie que présente l’enfant. Comme il ne propose pas d’évaluation fine du niveau de langage oral ou de compréhension écrite et qu’il ne permet d’estimer ni les capacités attentionnelles des enfants , ni leur efficience intellectuelle, il ne permet donc pas de faire un diagnostic différentiel entre une dyslexie et un retard de lecture d’une autre nature.

CEPENDANT, il permet d’évaluer le niveau de lecture et d’orthographe des enfants du CE1 à la 5e, de préciser ainsi si les difficultés portent davantage sur les procédures lexicale ou analytique de lecture et d’écriture, et d’avoir une première approche des troubles cognitifs associés (phonologique, visuel, mémorisation, …). Il permet ainsi de faire une hypothèse raisonnable quant à la nature des troubles associés aux difficultés de lecture et potentiellement responsables de ces difficultés.

Si une dyslexie est suspectée suite à la passation d’ODEDYS, l’examen devra déboucher sur un bilan plus complet afin de faire le diagnostic. Lorsque la dyslexie sera confirmée, il faudra mettre en place des prises en charge rééducatives et pédagogiques les plus adaptées et précoces possibles. La mise en évidence de difficultés de lecture touchant spécifiquement certains types d’item (ex : mots irréguliers ou pseudo-mots) ou la mise en évidence de troubles associés (phonologiques ou visuels) pourra constituer une première indication permettant de mettre en place des entrainements adaptés en classe. Mais un bilan plus complet est absolument nécessaire pour orienter la prise en charge rééducative et définir les modalités précises des adaptations pédagogiques.

Les données recueillies doivent être interprétées dans le cadre des modèles théoriques de référence en tenant compte tant de l’aspect quantitatif (permettant de situer l’enfant par rapport aux sujets d’un même niveau scolaire), que de l’aspect qualitatif (nature des erreurs). Il sera aussi nécessaire d’interpréter les résultats en fonction des éléments apportés par l’enseignant, les parents, l’anamnèse.

Le professionnel qui aura utilisé ODEDYS devra décider si on peut en rester là et dans ce cas donner des recommandations pédagogiques et éducatives à l’enseignant et aux parents ou pourra décider que des bilans complémentaires (langage, attention, bilan cognitif, psychologique, examen sensoriel …) sont nécessaires et adresser l’enfant, via le médecin traitant, pour cela chez un spécialiste (orthophoniste, neuropsy, opthalmologiste, orthoptiste, …)

Descriptif des épreuves

La fluence de lecture :

Tout examen des capacités de lecture nécessite une estimation du niveau de lecture avec un test normé. On parle de trouble durable de la lecture si l’âge lexique est inférieur de 18 mois à l’âge réel pour des enfants entre 8 et 12 ans.

Les épreuves de lecture :

Des listes de mots réguliers et irréguliers et de pseudo-mots sont proposées pour évaluer les différentes procédures de lecture. Les enfants sont avertis de la nature des items (mots existants ou inventés) avant la lecture de chaque liste. La nature des réponses est notée par l’examinateur en face de chaque mot et le temps global de lecture est relevé pour chaque liste. Ainsi l’examinateur dispose de 3 types d’infos pour chacune des listes : le score, le temps de lecture et la nature des erreurs produites. C’est sur cette base qu’il devra conclure à l’intégrité ou au dysfonctionnement de l’une ou l’autre des procédures de lecture.

Cas 1 : lecture de mots irréguliers chutée et lente + temps de lecture de mots réguliers élevé + lecture de pseudo-mots préservée et sans confusions de sons + lettres muettes sonorisées sur les mots irréguliers (erreurs de régularisation) = dysfonctionnement de la procédure lexicale de lecture.

Cas 2 : lecture de mots irréguliers préservée + lecture de mots réguliers OK + lecture de pseudo-mots chutée et/ou lente + addition/omission/confusion/inversion de phonèmes (erreurs de paralexie phonémique) + erreurs de lexicalisation sur les pseudo-mots (aivron = avion) = dysfonctionnement de la procédure analytique de lecture.

Les épreuves d’orthographe :

Une dictée de mots irréguliers, réguliers et de pseudo-mots permet d’analyser les procédures analytique et lexicale d’écriture.

Cas 1 : dictée de mots irréguliers chutée avec erreurs phonologiquement plausibles (“seconde” écrit “segonde”, “fusil” écrit “fusi”, “galop” écrit “galeau” …) + dictée de pseudo-mots préservée + dictée de mots réguliers où l’on peut trouver des erreurs du type “frite” écrit “fritte” ou “verbe” écrit “verb” = dysfonctionnement de la procédure lexicale d’écriture.

Cas 2 : dictées de mots irréguliers et réguliers préservées + dictée de pseudo-mots chutée + erreurs de confusion, omission, inversion, addition de sons = dysfonctionnement de la procédure analytique d’écriture.

On s’attend à observer une certaine cohérence entre les performances en lecture et en orthographe, dans la mesure où une forme de dysorthographie est typiquement associée à chaque type de dyslexie.

Une épreuve de dictée de phrases a été ajoutée pour les élèves de CM2, elle permet de mesurer l’impact de la potentielle dyslexie sur les performances en orthographe.

Les épreuves de langage oral :

L’épreuve de répétition de mots et de logatomes permet d’évaluer l’existence d’un trouble de la production phonologique. Les erreurs ou confusions lors de la répétition des logatomes sont souvent associés aux troubles du langage oral. Une MCT verbale déficitaire ou limitée rend difficile la répétition de logatomes de 4 syllabes ou +.

Le sub-test de dénomination rapide d’images met en évidence des temps beaucoup plus lents chez les dyslexiques qui sont aussi moins performants dans cette tache que des enfants en difficultés générales d’apprentissage.

Les épreuves métaphonologiques :

Elles sont proposées pour estimer le niveau de conscience phonémique des enfants. Les résultats vont permettre de savoir la part qui peut être attribuée au trouble phonologique quant à l’origine des déficiences constatées en lecture et en orthographe. Les 2 épreuves proposées demandent d’identifier et de manipuler des phonèmes, dans la mesure où la manipulation des phonèmes est plus souvent perturbée dans le contexte des dyslexies.

L’épreuve de suppression du phonème initial demande de scinder un groupe consonantique initial ce qui est particulièrement difficile aux enfants dyslexiques ; ils ont alors tendance à l’omettre dans sa totalité (ex : “flou” donne “ou” et “prose” donne ‘ose”).

L’épreuve de fusion de phonèmes peut donner lieu à des types d’erreurs telles que “ca” au lieu de “cha” pour l’item Chien accroupi. L’enfant traite la lettre plutôt que le son qu’il a du mal à discriminer.

Les épreuves de mémoire :

L’épreuve d’empan de chiffres à l’endroit permet d’évaluer les capacités de la MCT verbale.

L’épreuve d’empan de chiffres à l’envers permet d’estimer les capacités de la MDT.

Les épreuves visuelles :

Elles permettent d’évaluer d’éventuelles difficultés de traitement visuel qui pourraient empêcher le traitement exhaustif de la séquence orthographique des mots et ainsi limiter le développement du lexique orthographique.

L’épreuve de comparaison de séquences de lettres et le test des cloches permettent de mesurer les capacités visuelles et visuo-attentionnelles des enfants.

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